Guadeloupe Mariage

Petite histoire de dragées


Spécialité de la ville de Verdun, cette confiserie offerte aux invités lors des baptêmes et mariages, est le fruit d’un long parcours de gourmandise.


Petite histoire de dragées
Remontant aux temps antiques, la dragée alors appelée en Grèce « tragema », signifiant friandise, était un met sucré, des amandes trempées dans du miel, que l’on servait en guise de dessert. Sous l’empire romain on l’attribue à Julius Dragatus, confiseur de la famille Fabius, qui l’aurait inventé pour le baptême du fils d’un patricien. A Rome ce savoureux mélange se dégustait agrémenté d’épices.

Plus tard, au Moyen-Age, il était d’usage chez les apothicaires d’enrober de miel certaines épices comme l’anis, le fenouil ou la coriandre, qui étaient vendues comme digestif ou pour rafraîchir l’haleine. Un de leurs confrères verdunois, aurait eu l’idée d’en faire de même avec des amandes, en rajoutant du sucre, afin de mieux les conserver. A la cuisson, ce mélange durcit et protège l’amande. Dénommées alors épices de bouche mais aussi diagragum, elles sont ainsi utilisées à des fins curatives et seraient garantes d’une bonne fertilité. Ceci explique leur présence sur les tables des mariages, baptêmes et communions. Selon la tradition, les mariés offraient 5 dragées par invité symbolisant la fécondité, la félicité, la prospérité, la santé et la longévité.

A l’époque, la dragée n’était qu’une grossière praline recouverte d’un nappage sucré et rugueux. C’est au XVIIème siècle qu’elle a revêtue sa forme actuelle, lisse, grâce au procédé de grossissage permettant d’enrober l’amande de plusieurs couches de sirop de sucre. Suivi du lissage, par application d’un sirop de sucre à froid, qui donne à la surface de la dragée un aspect de porcelaine.
Symbole de luxe car étant sucrée (le sucre était très cher), la dragée, n’était cependant accessible qu’aux plus bourgeois, elle a d’ailleurs rencontré un vaste succès auprès de la noblesse.

A la fin du repas, les dragées étaient présentées et proposées aux convives dans des vases d’or et d’argent, appelés drageoirs, le sucre étant alors considéré comme un digestif. Présents à la cour de France au XVIe siècle, les Ducs de Lorraine, drageoirs à la ceinture, les distribuaient aux courtisans, étendant ainsi la renommée de la dragée dans tout le royaume.

Grâce à la corporation des bateliers de Verdun, la dragée pénètre en Hollande puis se répand jusqu’à Constantinople et la Russie.
Héritière des apothicaires d’antan, la Maison Braquier, fondée en 1783, seule usine à s’être relevée après la guerre, fabrique encore aujourd’hui la véritable Dragée de Verdun, dont la fabrication nécessite 4 jours. Une spécialité de la maison : l’obus explosible en chocolat noir dont la coque vole en éclats en dispersant dragées et gadgets.

Aujourd’hui, elle se retrouve sous toutes ses formes : ovales ou rondes, pâte de fruit, chocolat, nougatine remplacent souvent la fameuse amande et l’enrobage traditionnellement de ton pastel se pare de couleurs vives.